Pourquoi continuons-nous à vouloir planifier le changement dans les systèmes complexes ?
Pourquoi tant de gens s'obstinent-ils à vouloir planifier le changement?
Nous connaissons tous le dicton selon lequel « les plans ne résistent pas au contact avec la réalité ». Je pensais autrefois que c'était parce que la plupart des plans n'étaient tout simplement pas assez bons pour résister à ce contact. Mais je sais désormais que ce n'est pas la qualité du plan, mais plutôt la nature même de la réalité qui fait que les plans ne fonctionnent pas. Les systèmes complexes (et cela inclut toutes les organisations) sont intrinsèquement imprévisibles. Cela signifie que même si vous disposiez de toutes les informations que vous pourriez rassembler, vous ne pourriez toujours pas prédire ce qui va se passer.
Si tel est le cas, votre plan de changement en 10 étapes n’est guère plus qu’un conte de fées : un chemin long et irréaliste vers votre « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».
Quelle est donc l’alternative ? Certaines personnes lèvent les bras au ciel et abandonnent. Mais ce n’est ni responsable, ni ce que nous dicte une bonne compréhension de la complexité.
Dans cette vidéo pleine d’ironie, Dave Snowden nous propose une alternative simple pour une approche plus appropriée et rationnelle visant à faire advenir le changement dans des systèmes complexes :
- Fixez des contraintes
- Lancez des tests sans risque d’échec (c’est-à-dire des expériences)
- Évaluez l’efficacité de ces tests et amplifiez-les ou atténuez-les en conséquence (c’est-à-dire tirez-en des enseignements !)
Alors pourquoi sommes-nous si nombreux à persister à planifier le changement alors qu’il est largement établi que cela ne fonctionne pas ? Je pense que certains des facteurs qui y contribuent sont les suivants:
- Nous ne connaissons rien d’autre. De l’école primaire à l’école de commerce, en passant par toutes les étapes intermédiaires, on nous a enseigné des modes de pensée linéaires
- Ne pas rédiger de plan peut donner l’impression de paresse. Et mieux vaut échouer en faisant bonne figure que de réussir en passant pour un paresseux !
- Le plan est une bouée de sauvetage qui nous aide à franchir les premiers pas difficiles vers l’inconnu
- Et puis, il se transforme commodément en bouc émissaire lorsque l’effort de changement échoue. Il est plus facile de rejeter la faute sur le plan que d’admettre avoir utilisé une approche fondamentalement erronée
Chez On Purpose International, nous essayons d’aider nos collaborateurs à acquérir de nouvelles méthodes de travail tenant compte de la complexité. Cela demande un certain savoir-faire, pas mal de courage et beaucoup de pratique ! Bonne chance !
P.S. : Les plans ne sont pas inutiles dans toutes les situations ! Dans les situations compliquées (par exemple, lorsqu’il s’agit de mener à bien une tâche que nous avons déjà effectuée à maintes reprises), ils sont précieux et nécessaires. Mais lorsqu’il s’agit de relever des défis complexes, nous devons vraiment nous détacher de nos « couvertures de sécurité » !
À propos de l’auteur
Tom Rippin est PDG d’On Purpose. Il écrit sur le leadership, la transformation des systèmes et la création d’un impact social et environnemental durable. Retrouvez Tom sur LinkedIn.
